Pourquoi la méthode Macron préoccupe Jean-Yves Le Drian....

Publié le par Sam Menerve

Jean-Yves Le Drian, soutien star de la campagne d'Emmanuel Macron, vit des premiers mois moins doux que prévus à la tête du Quai d'Orsay.

Son ralliement à Emmanuel Macron avait donné un nouvel élan à la campagne du jeune candidat à la présidentielle. Quand Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense sous François Hollande, avait annoncé son soutien au futur président, il devenait le premier poids lourd du Parti socialiste a rejoindre En marche. Récompensé après l'élection par un poste de ministre des Affaires étrangères, le Breton se fait depuis rarement entendre. Les relations avec le chef de l'Etat se seraient tendues.

La démission du chef d'état-major des armées (Cema) fut la première secousse. Jean-Yves Le Drian était un ministre de la Défense respecté par les militaires, et lorsque la mayonnaise est montée entre Emmanuel Macron et le haut-gradé, le patron du Quai d'Orsay a tenté d'intervenir. "Il a essayé de dire halte au feu mais il était trop tard", glissait un proche du ministre au JDD. Lui qui espérait un "compromis" n'a pu empêcher le départ du général de Villiers, mais sa déception ne s'est vue nulle part. L'homme "n'est pas du genre à réagir à chaud, à faire des coups d'éclat", dit-on dans son entourage, selon Le Figaro.

La réaction fut donc mesurée : "Le Président, sans modifier son engagement, a tranché, pour cette année, dans un sens différent de celui que souhaitait son chef d'état-major. Celui-ci en a tiré les conséquences", avait-il simplement commenté dans une interview aux Echos. Selon Le Figaro, au sein du cercle rapproché de Jean-Yves Le Drian, les mots sont plus durs : "Ce que Jean-Yves a bâti en cinq ans, le Président l'a détricoté en cinq jours. Il ne faudrait pas qu'un deuxième épisode comme celui-ci se produise. Là, ce serait une autre histoire."

Coupes budgétaires et discrétion diplomatique

Comme ses collègues, le ministre des Affaires étrangères va aussi devoir tenir compte des coupes budgétaires exigées par Emmanuel Macron. Là encore, Jean-Yves Le Drian s'est fait discret. "Naturellement, les annulations [de budgets] en 2017 sont difficiles à digérer pour tous les ministères, y compris le Quai d'Orsay", commentait-il simplement à la mi-juillet.

Même chose lors de la venue des deux principaux rivaux libyens à Paris : le socialiste était en retrait, alors que l'accord conclu entre les frères ennemis doit beaucoup à l'entremise du ministre des Affaires étrangères. Quand l'Italie formule ces inquiétudes face à ce qu'elle considère comme une tentative d'usurpation de son leadership dans la région, Jean-Yves Le Drian rencontre son homologue transalpin… Sans en dire un mot. C'est sa secrétaire d'Etat, Nathalie Loiseau, qui s'était exprimée devant la presse à la suite de l'entrevue.

Une discrétion annonciatrice d'un départ? Ses proches réfutent en bloc. L'un d'entre eux nuance toutefois auprès du Figaro : "Jean-Yves n'est pas sur le départ. Mais la période d'installation est compliquée. Pour lui, à ce stade, le bilan, c'est 50/50. Il éprouve une forme de tristesse sur la méthode…"

Le Breton devrait être plus visible à la rentrée, lors du Conseil de sécurité de l'ONU ; il se rendra ensuite en Irak. Et selon les informations du Figaro, il devrait rencontrer François Hollande dans les jours à venir.

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